Lundi 7 mai 2007
Comment retrouver un SDF, pas par le net, à mon avis, encore que ?…
Il a dû tomber malade à un moment ou un autre, notre ami Rémi… Quelqu’un a du le soigner, lui faire remplir des documents pour se faire régler, Et puis, il y a les associations d’aide aux sans abris…
Je décidai de me rendre auprès d’une association de quartier, là où Denise a rencontré Rémi pour la dernière fois. Je connaissais bien un des bénévoles : Bernard. Un ami de collège de mon mari chéri Antoine.
Bernard, ne reconnut pas Rémi sur les clichés fournis par l’avocat de la chaîne. Evidemment ces photos étaient prises depuis plus de 10 ans, d’un jeune homme, propre sur lui, bien coiffé, bien rasé…
Il finit par me dénicher dans les archives le reportage d’une dîner servit aux pauvres gens du quartier, une nuit de Noël. Rémi était bien là, amaigri, les traits tirés. Difficile de reconnaître en lui l’héritier d’une grosse fortune.
Bernard m’annonça qu’il se faisait appelé Castor, en hommage à un de ses amis de misère, mort de froid dans la rue, dont le surnom était Polux
Rémi se faisait suivre régulièrement dans un dispensaire car il souffrait d’une infection grave… Il ne s’était plus rendu à ses convocations depuis qu’il avait croisé Denise. En fait, plus personne n’avait entendu parlé de lui depuis là.
Bernard, me fit une copie des dernières photos de Rémi et le soir même, je rencontrai quelques sans abri qui avaient connu mon héritier…
Un de ses compagnons d’infortune m’appris que Castor était l’ami des enfants, qu’il aidait à faire leurs devoirs. Ici, son surnom était le Prof.
Il donnait gracieusement des cours aux enfants d’une famille, juste à côté, contre un repas et un bain chauds de temps en temps. Personne ne l’avait revu, depuis qu’il était parti un soir emportant toutes ses affaires.
Sans grande conviction, je me rendis dans cette famille, où bien sûr, tous se souvenait du Prof, qui avait aidé la grande à obtenir son BEPC et le petit dernier à lire… Ils me regardaient avec suspicion, qui étais-je, un policier, quelqu’un qui voulait du mal à leur bienfaiteur ?
Je ne pouvais rien leur dire sur l’héritage car j’étais tenue à la plus grande discrétion. Je profitai quand même de ma présence sur place pour aider le jeune Paul à écrire un exposé sur les tortues de mer. Je lui proposai de lui rapporter de la documentation dés le lendemain. Ainsi le mince fil conducteur vers Rémi que j’avais ne serais pas coupé… Je pris congé en laissant mes coordonnées téléphoniques à la mère de famille qui s’empressa de fourrer ma carte dans un tiroirs débordant de paperasse : factures, dessins des enfants, brouillons, publicités entre autres… Je ne me fis aucune illusion quant à l’issue de cette initiative…
Pourtant le lendemain matin, à peine mon bureau était-il ouvert, que j’entendis la sonnerie du téléphone…
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Mercredi 2 mai 2007

Même si Sonia ne m’avait pas vraiment aidée, le tableau était parfaitement brossé. Le père n’avait pas supporté que son fils ne lui résiste. Rémi n’ayant pratiquement pas connu sa mère n’a pas jugé bon de se réfugier auprès d’elle. Je décidai de chercher parmi les personnes qui auraient pu compter pour le jeune Rémi : une nounou, un éducateur…
Mes investigations furent assez longues car le père de l’enfant changeait très souvent de personnel. A part une dame d’un certain âge qui était resté à son service pendant cinq ans, personne n’est resté auprès de Rémi plus de six mois. Maurice Desplantier était insupportable avec le petit personnel, personne n’avait envie de rester à son service plus longtemps même si l’enfant était adorable. En trois jours j’ai interrogé plus de dix personnes. Toutes se souvenaient de la gentillesse et de la fragilité de Rémi et de la hargne de Maurice envers tous, son fils y compris.
Je finis par retrouver sa première nourrice, Denise, qui avait connu l’enfant au moment où il a été séparé de sa maman. Celle-ci habitait encore à la maison mais Maurice avait interdit à quiconque de la laisser approcher l’enfant., son enfant… Celle-ci en avait souffert au-delà du supportable, jusqu’à sa séparation d’avec son mari. Denise s’arrangeait pour qu’elle puisse le voir quelques instants, de temps en temps, jusqu’à ce qu’une personne malintentionnée ne prévienne son mari. Denise fut aussitôt congédiée. Son patron ne permis plus à personne de s’attacher à l’enfant. Il décida que ce dernier n’avait pas besoin d’affection, juste d ‘éducation.
Heureusement les nurses promenant l’enfant dans le parc, ne se méfiaient pas d’une vieille dame, le fil ne fut donc pas coupé entre Denise et Rémi.
C’est tout naturellement que celui-ci se tourna vers elle quand il quitta le giron paternel. Rémi ne supportait plus les manipulations de son père et lorsqu’il comprit que sa belle s’était laissée acheter par son argent, il fut meurtri et parti, Denise ne le revit plus pendant longtemps, il s’était retiré du monde, vivant au jour le jour, dans la rue. Elle le croisa un jour où il faisait la manche à la sortie d’une station de métro, son Rémi était devenu un sans abri… Elle fit son possible pour l’aider, mais il refusa et parti à nouveau.
Denise pensa prévenir son père, mais celui-ci lui hurla qu’il n’avait pas de fils, qu’il n’avait jamais eut de fils…
Denise ne m’en appris pas d’avantage, Rémi ne voulait de toute façon pas s’en sortir.
Ainsi, je devais retrouver un sans-abri pour lui annoncer qu’il avait hérité d’une chaîne d’hôtel. La vie a parfois des revirements insolites…
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Lundi 30 avril 2007
Ma deuxième mission fut aussi passionnante . L’avocat d’une chaîne d’hôtels mondialement connue avait pris rendez-vous à mon bureau. J’étais très honorée qu’il fasse appel à mes services…
Il me demanda tout d’abord une grande discrétion, le conseil de direction avait bien insisté sur la question, rien ne devait filtrer, surtout pas dans la presse.
Je les rassurai sur ce point, je serai muette, mais il fallait m’en dire un peu plus.
J’appris donc que le PDG de l’entreprise était décédé dans un petit hôpital de province, d’un mal implacable et foudroyant. Le conseil d’administration avait continué de gérer les affaires en cours mais avait peur que le cours des actions ne s’effondre et qu’une OPA d’un consortium rival ne vienne bouleverser l’assise de l’empire hôtelier.
Le PDG avait un seul héritier Rémi DESPLANTIER qui avait choisit de disparaître il y a plus de 10 ans, à la suite d’une brouille familiale. Son père s’est ensuite conduit comme s’il n’avait plus de fils, refusant de prononcer son nom, toutes les photos avaient été retirées de son bureau. Tout le monde avait fini par oublier Rémi. Ma mission était de le retrouver avant l’assemblée générale afin qu’il revendique son héritage et prenne la direction de la société.
Je savais que le jeune homme n’avait que vingt-cinq ans avant de partir, qu’il était diplômé d’une grande école de commerce, élève assidu et brillant. Enfant modèle, fils parfait, il faisait la fierté de son père.
Puis un jour, il tomba amoureux… De la mauvaise personne !
Une jeune femme issue d’un milieu très modeste, sans ambition, sans culture. Le père tenta de raisonner son fils pour qui il avait d’autres ambitions, des alliances fructueuses. Le jeune homme fut intraitable, le PDG paya une petite fortune pour envoyer la jeune fille dans un autre pays avec la promesse de ne jamais contacter Rémi, de l’oublier.
Le cœur brisé, il partit un jour sans retour, son père lui coupa les vivres et personne n’entendit plus parler de lui.
Remi avait été séparé de sa mère lorsque celle-ci décida qu’elle ne pouvait plus partager la vie de son père. Je décidai donc de commencer mon enquête par elle.
Sonia me reçut dans un salon de thé, sans grand empressement mais l’avocat du père Desplantier avait fait pression sur elle, elle dut se résoudre à me dire tout ce qu’elle savait, ce qui était peu.
Elle avait fait des études de droit international, épousé Maurice Desplantier et apporter comme dot, une alliance avec une riche chaîne de restauration. Elle était la première marche qui avait conduit cet homme à fonder son empire.
Après une rapide lune de miel, Maurice devint distant, la négligeant totalement. Rémi naquit quelques temps plus tard et son père engagea du personnel compétant pour s’occuper de lui. Sonia s’ennuyait, vivant dans une cage dorée, supportant de plus en plus mal le peu d’ardeur que son mari déployait pour elle. Jaloux, Maurice ne laissait personne l’approcher, ni homme, ni femme, elle n’avait plus d’ami, peu de contact avec sa famille et de moins en moins avec son fils que son époux tenait loin d’elle.
Un jour, elle partit, son mari acceptant sans problème le divorce aux torts exclusifs de sa femme, sans pension, ni compensation d’aucune sorte…
Elle suivit de loin, dans la presse people, l’évolution de son fils , ses études, ses diplômes, les prétendantes qui se bousculaient vers lui, puis le scandale final. Il ne prit jamais contact avec elle, même après son abandon du domicile paternel…
Sonia s’était remariée avec un homme moins fortuné mais plus humain, elle avait reconstruit sa vie, même si son fils laissait en elle, un vide que rien ne viendrait combler…

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Mercredi 25 avril 2007
J’appris sans problème que Claudine avait un frère jumeau qu’elle avait présenté à son amie, juste après l’arrestation du gourou. Jérôme et Joëlle avait finalement sympathisé, mais pour le jeune homme il était trop tard…
Atteint d’un mal implacable, Jérôme se savait condamné à brève échéance…
Il apporta une force à Joëlle au point qu’elle put affronter l’enquête, les interrogatoires, les expertises de tout genre. Il la soutint jusqu’au bout. Le gourou fut condamné, Joëlle n’accepta qu’un franc symbolique de dommage et intérêt. Son calvaire avait pris fin.
Elle sympathisa dans le même temps avec un homme qu’elle épousera après la disparition de Jérôme.
Celui qui fut le père de cœur de la jeune fille.
Claudine m’avoua que son amie et son frère ont fêté l’issue du procès et que Sophie fut conçue au cours de cette unique nuit.
Jérôme décéda un peu plus tard, en paix, Joëlle et lui s’étant mutuellement préparé à une fin dans la dignité. Conformément à sa promesse, Joëlle ne pleura pas, elle dit adieu à son ami et appris le mois suivant que leur union avait été bénie. Un enfant, son enfant allait venir, une nouvelle vie allait commencer tout en prenant racine dans la précédente.
Après la naissance de Sophie, Joëlle ne rencontra plus Claudine, elle lui écrivit souvent…
Aujourd’hui, je présente Sophie à sa tante, cette dernière est ravie de rencontrer cette jeune fille qui ressemble tant à son frère jumeau dont la mort laissa en elle une cicatrice que rien ne permis de refermer.
Sophie décida de garder le secret vis à vis de l’homme qui avait cru être son père et qui lui avait donné tout son amour…
Je rentrai à mon bureau pour recevoir un nouveau client :
Il s’agissait de l’avocat d’une chaîne d’hôtel qui me demandait de rechercher l’unique héritier de son empire : un homme qui avait choisi de disparaître il y a plus de vingt ans…
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Lundi 23 avril 2007

Souvenons-nous : cherchant le géniteur de la jeune Sophie, Agathe apprend que la mère de la jeune femme est connue par la femme du gourou d'une secte...

Voyant que je reprends ma place sur ma chaise, elle fut soulagée.
- Oui, je m’en souviens très bien, mais les souvenirs sont douloureux. Celle-ci était d’une
admiration sans borne pour mon mari. Il a succombé également à ses charmes mais quand il voulut la posséder, elle s’enfuit, criant que le gourou était un démon, qu’il n’était qu’un homme avec tous ses bas instincts…
Elle se réfugia chez ses parents, à qui elle raconta que le maître avait tenter d’abuser d’elle, ceux-ci ont porté plainte. La police, ayant des soupçons sur le couple qui dirigeait la secte, enquêta auprès d’anciens adeptes. C’est là que l’on s’aperçut que le couple diabolique avait de nombreuses infractions à son actifs. Notamment des délits sexuels sur personnes vulnérables. L’homme était toujours en prison pour viol, la femme avait pris deux ans pour non dénonciation de crime, elle bénéficia de circonstances atténuantes car elle était également sous la coupe de son mari et son discernement était altéré…
La famille de Joëlle était partie civile pour tentative de viol, la jeune fille étant encore vierge…
Je payai mon informatrice et partis très vite. A nouveau mon enquête débouchait sur une impasse.
De retour à mon bureau, je m’installai devant mon ordinateur, me plongeant dans les archives de ce procès très médiatisé.
Le gourou était un homme maigre, malingre mais c’était un manipulateur qui choisissait ses proies avec soins parmi des personnes très fragiles. Il ne se trompa qu’un seule fois en la personne de Joëlle qui était venue à un séminaire avec une amie.
Quelle cachottière cette mystérieuse amie qui n’était autre que Claudine.
Qu’avait-elle pu me cacher d’autre ?
Je continuai par acquis de conscience de continuer mes investigations sur ce procès.
Un jeune homme apparaissait souvent sur des photos au côté de la jeune Joëlle, la soutenant, il semblait très proche de la jeune femme.
Le soir même je me rendis chez Claudine avec la copie complète de mes recherches.
Je ne vous ai pas tout dit en effet reconnu Claudine en rougissant. Cet homme s’appelle Jérôme, c’était mon frère… Il est mort peu de temps après…

La suite (et peut-être la fin...) de cette enquête mercredi...

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Vendredi 20 avril 2007

Souvenons-nous : Agathe cherchant le véritable géniteur de Sophie, découvre une piste interressante.

Je me renseignai auprès de Claudine et appris que Joelle a eu une grand période mystique et qu’elle assistait à des week-end, à des soirées, des stages avec une association qui a été dissoute plus tard, à la suite de plainte pour dérives sectaires. La jeune femme était très amoureuse d’un membre de ce groupuscule.
Munie de toutes ces informations, je n’avais plus qu’ à me renseigner sur cette secte en consultant ma banque de donnée préférée sur le net.
Créé par un couple, cette association a en effet été dissoute à la suite de détournement d’héritage, de mise en danger de la vie d’autrui, de défaut de soins et surtout de violences sur mineur. Le couple ayant été condamné et la secte dissoute, elle ne fit plus entendre parler d’elle depuis plus de vingt cinq ans.
L’homme était parti travailler dans une ONG au bout du monde et la femme tirait les tarots dans une ville proche.
Je pris immédiatement rendez-vous…
Hélène me reçu pour une consultation, refusant tout net de perdre du temps et de l’argent à parler de cette époque. Si je voulais l’interroger : aucun problème mais ça me coûterais la modique somme de 100€ pour une demi-heure.
J’acceptai sans hésiter même si l’attitude de cette femme était pour le moins discutable.
Une sexagénaire outrageusement maquillée me reçu dans une petite pièce qui empestait l’encens et le renfermé. Un papier peint représentant la voûte céleste se détachait par lambeau. Une boule de cristal poussiéreuse trônait sur une table qui n’avait pas rencontrer de plumeau depuis longtemps.
Les vêtements de la voyante était usés et démodés, sous toute apparence, le marché de la divination n’étaient pas favorable à Hélène. Je comprends mieux sa réaction pour récupérer un peu d’argent..
Elle m’appris tout d’abord que j’avais une personne malade dans ma famille, que ça pouvait aller du cancer à la grippe mais que ce n’était pas grave car elle était magnétiseuse et adepte des soins par les plantes…
J’interrompis la consultation pour en venir au but de ma visite, sortant deux billets de 50€ de mon sac pour les y replacer sans cesser de la regarder droit dans les yeux…
Elle tenta de se dérober, prétendant que depuis tout ce temps, sa mémoire était défaillante…
Je fis mine de me lever et partir quand elle avoua :
J’ai connu Joelle Dardèle….

La suite lundi

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Mercredi 18 avril 2007

Claudine était une femme absolument coincée, pourtant il ne lui aurait pas fallu beaucoup pour être une très jolie femme. Elle n’avait aucune confiance en elle, s’excusait sans cesse, parlait peu, rougissait beaucoup. Elle ne cessait de relever une mèche rebelle, un véritable tic.
Cette femme avait vieilli simplement seule, sans amie, sans amour, avec ses rêves inavouables, irréalisables. Elle se souvenait très bien de Joelle, sans cette peste d’Yvette, elle aurait pu être son amie, sa seule amie. Elle aimait lui écrire, la jeune fille lui répondait gentiment, la conseillait, la rassurait… Par contre elle ne recherchait pas sa compagnie, comme si la présence de Claudine l’indisposait. Pourtant celle-ci l’avait conviée à des vernissages, des visites de musées, à chaque fois, Joelle trouvait une excuse, mais elles ont longuement échangé une correspondance régulière. 
Claudine me montra une boite en bois d’olivier, où de précieuses enveloppes étaient soigneusement archivées et conservées.
Je pus sans problème consulter les mois qui ont précédé la conception de Sophie.
Je faillis embrasser Claudine en lisant ces mots
« je suis heureuse ,ma chère Claudine,  l’homme qui m’a quittée pour une autre vie a laissé une vie en moi, je suis enceinte : il est parti pour toujours mais il vit en moi… »
Une autre lettre m’indiqua que Joelle s’était mariée avec l’homme qui allait devenir le père de sa fille.
J’eus beaucoup de mal à convaincre Claudine de me laisser copier ses précieuses lettres, les seules preuves qu’elle avait eu une véritable amie.
Je retournai très vite dans mon bureau où je pouvais en toute tranquillité étudier la personnalité de Joelle.
Celle-ci avait beaucoup de pitié pour son amie, elle tentait de la rassurer, de lui donner envie d’aller de l’avant : tant pour sa carrière que pour ses amours.
Il ne faisait aucun doute que la maman de Sophie était une très gentille femme dont la psychologie l’amenait à prêter de l’affection et de l’intérêt aux autres. Pendant des années, semaines après semaines, avec une infinie patience, elle écrivait toujours les mêmes mots : tu es intelligente, tu mérites d’être aimée, appréciée.
Joelle parlait peu de sa grande complice des années collèges Yvette. A peine quelques lignes en plusieurs années. Elle était également peu prolixe quant au papa biologique de Sophie.
Je ne savais comment interpréter le mot « départ » : est-ce un abandon, un éloignement géographique, un décès.
Je remontai dans la période précédant la conception de ma jeune cliente, Joelle parlait beaucoup d’un homme sans identité, elle notait tout simplement Il ou Lui, toujours avec une majuscule. Comme si elle l’idolâtrait. Après la naissance de sa fille, elle en faisait allusion avec beaucoup de respect, d’affection, jamais de haine, ni d’affliction.
Elle n’en parlait pas non plus au passé, comme s’il était mort, je soulignai les termes : j’espère qu’où Il est Il est heureux, qu’Il apporte amour et paix autour de Lui…
Ce qui m’envoya sur une nouvelle piste était les mots : amour interdit, Il a rompu son Engagement, ses Vœux… Les lettres de Joelle m’apprenait également un grand respect pour Dieu, pour la religion. Ses regrets de ne pas s’être également donnée à Dieu.
Je commençais à penser que le mystérieux géniteur était un ecclésiastique…
Qu’il a succombé une fois à l’appel de la chair et était parti aussitôt...

 

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Lundi 16 avril 2007

Souvenons nous, Agathe enquête pour retrouver le père biologique de Sophie, une piste s'ouvre à elle en la personne de Patrick.

Le lendemain soir, un samedi, je me fis inviter par Antoine pour un petit repas en amoureux dans le restaurant de Patrick. Nous passâmes une excellente soirée, les mets étaient succulents, les vins fins, les desserts sublimes et le cadre romantique. Un séduisant quinquagénaire drivait son personnel d'une main de fer dans un gant de velours. Il avait la cinquantaine qui lui allait très bien, des tempes délicatement argentées et des yeux pétillants.

Il ne pouvait s'agir que du beau Patrick. Je préférais pour l'instant ne pas l'affronter directement et je tentai de me lier d'amitié avec la serveuse. J'appris sans mal quels étaient ses goûts, elle était fan de cinéma et me parlait du dernier film à la mode qu'elle irait voir dès son prochain congé, le lundi suivant.

C'est donc sans aucun mal que je la rencontrai par le plus grand hasard et que je lui proposai une glace après la projection. et en un rien de temps nous devenions de bonnes amies. Christiane était intarrissable quand il s'agissait de son travail.

Patrick Stanislas était un patron en or. Il avait été marié et vivait seul depuis son divorce il y a très longtemp. Patrick refusait de s'engager avec qui que ce soit .On ne lui connaissait ni aventure, ni relation. Pourtant le charme de cet homme n'était plus à prouver. Christiane pensait que le charmant restaurateur avait beaucoup souffert à la suite de son mariage éphémère dont le sujet était plutôt épineux. Un jour où un de ses amis qui avait osé parler de la belle Yvette, avait mis Patrick dans une telle rage qu'il avait préférè ne plus venir au restaurant.

Christiane me fit une révélation qui me laissa dans une impasse : elle avait surpris une conversation entre Patrick et sa maman qui se désespérait de ne pas être grand-mère. L'homme lui répondit séchement qu'elle savait bien que c'était impossible et qu'à la suite d'un lourd traitement pour une grave maladie, il était et resterait stérile. Il s'agirait d'une maladie grave qu'il avait eue à la puberté et il avait survécu par miracle. Quand il avait réveler sa stérilité à sa jeune femme, celle-ci lui avait reproché de ne pas l'avoir prévenue plus tôt, ça a été leur première dispute, suivie de nombreuses autres.

Ainsi Patrick n'était pas le père de Sophie. Je me retrouvais à mon point de départ.

La belle Yvette me laissait sur une impression d'inachevé, j'étais persuadée qu'elle était au coeur de cette énigme.

Me remémorant mes souvenirs de collèges, je pensais qu'une paire de très bonnes amies avait toujours dans son sillage, une au deux autres filles essayant de s'entreposer entre elles. Séparer des inséparables était un challenge qu'avait bien dû succiter l'amitié d' Yvette et de Joelle.

Je m'attardai donc sur une liasse de lettres jaunies, attachée ensemble par un cordon rouge. C'était toute la correspondance que Joelle avait gardée de ses années collège. Je triai le courrier en trois tas : les lettres d'Yvette, celles d'une certaine Claudine et les autres classées pour l'intant dans le fichier divers.

Le moins que l'on puisse penser, c'est qu'Yvette ne portait pas Claudine dans son coeur. Je ne comptabilisai pas les critiques de celle-ci qui trouvait la jeune fille : godiche, idiote et mal-fagotée et pleurnicharde.

Claudine parlait surtout de ses amours pour un certain Michel qui avait les plus beaux yeux du monde et un sourire de star... Il ressemblait à Claude François, s'habillait avec goût mais était aussi timide qu'elle. Claudine suppliait Joelle de l'aider à faire comprendre son amour à l'élu de son coeur...

Je souriais en lisant ces lignes, tous les ados étaient les mêmes à cette époque, ma mère m'avait appris qu'elle aussi était tombée amoureuse folle d'un professeur de sport, elle se faisait des films, lui envoyait des oeillades énamourées... Trop mignon ! Claudine était une fille sentimentale, fleur bleue comme ma chère maman.

Je me mis à sa recherche et n'eus aucun mal à la retrouver, elle ne s'était jamais mariée et vivait dans la maison de ses parents. Elle travaillait comme fonctionnaire au centre des impôts et accepta de me rencontrer.

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Samedi 14 avril 2007

Résumons-nous : je dois aider Sophie à retrouver son père biologique afin que sa vie retrouve son harmonie...

Toutes les pièces utiles étaient accrochées sur un fil tendu derrière mon bureau. Sophie avait fourni bien plus qu'il ne fallait pour me faire une idée sur sa maman. Depuis la photo de sa première communion, à celle de son mariage en passant par sa première surprise partie, la même jeune fille blonde était à ses côtés : Yvette, l'amie de toujours, la confidente, celle que l'on consulte avant de prendre la moindre initiative.

Yvette Fernaux était dans la même classe que Joelle, la maman de Sophie, en sixième, jusqu'en troisième où leur scolarité à pris des voies séparées, l'une étant littéraire, l'autre plutôt scientifique.

J'adorais les photos de classe, les uns assis sur une chaise, le deuxième rang debout derrière et les plus grands perchés sur un banc... Un garçonnet bien habillé, bien coiffé, tenait une ardoise sur laquelle était écrit : année 1970-1971. Yvette et Sophie étaient l'une à coté de l'autre, comme toutes amies inséparables qui se respectent...

Je devais retrouver cette Yvette, sans conviction, je cherchai sur le Net, le nombre de Fernaux qui pouvaient se trouver dans le département : j'en comptai 28. Attrapant le téléphone j'appris qu'Yvette s'était mariée plusieurs fois et qu'elle avait fini par suivre un diplomate au bout du monde. Ma première investigation débouchait sur une impasse. Je pensai abandonner la piste de la meilleure amie, quand je remarquai une Mathilde Fernaux, habitant rue des Fraisiers. Cette adresse insolite m'incita à tenter à nouveau ma chance...

Bien m'en prit, Mathilde était la grand-mère d'Yvette... Une dame qui passait ses journées solitaires à s'ennuyer tellement qu'elle me tint longtemps en ligne, avant de m'inviter à prendre le thé, afin de parler de la petite Joelle, qu'elle appréciait tant et dont elle ignorait le décès... Yvette en serait désolée, même si elles s'étaient fâchées, à cause d'un homme, bien sûr...

Je m'empressai de passer à la boulangerie de mon village, acheter quelques douceurs et je partis vers la ville où résidait Mathilde.

A 15 heures précises, j'appuyais sur le bouton de la sonnette d'une jolie villa cossue.

Mathilde était telle que je m'étais imaginée, distinguée, vêtue d'une robe élégante, ses cheveux blancs remontés en un chignon compliqué. Une belle énergie rayonnait de ce petit bout de femme de près de quatre vingt ans.

- Entrez Mademoiselle, je vous attendais... J'ai si peu l'occasion de recevoir des visites... Prendrez-vous du sucre avec votre thé ?

La vieille dame ne voulait apparemment pas perdre un seconde de cette précieuse visite. J'ai dû passer des heures à l'écouter, à regarder des photos qui n'avaient aucun rapport avec mon affaire. Je pris difficilement congé aprés avoir appris que sa petite fille et Joelle s'étaient fâchées pour les beaux yeux bleus d'un certain Patrick Stanislas. Joelle l'avait vue la première, Yvette était tombée sous son charme et il fut son premier époux... Un amour qui ne résista pas au temps, ni à la routine, avant leur premier anniversaire de mariage, Yvette avait rencontré un autre homme et son premier amour ne resta plus longtemps dans la famille. Il tenait un restaurant à quelques kilomètres de là...

Cette entrevue avait finalement débouché sur du concret. Fière de moi, je rentrai à mon bureau ajouter cette information à mes notes... Un détail me frappa néanmoins, Sophie avait de superbes yeux noisette, mais il m'en fallait un peu plus pour éliminer la candidature à la paternité de Patrick...

La suite lundi

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Jeudi 12 avril 2007

Lorsque j'ai vécu mes premières aventures, la vie derrière un bureau m'est devenue insupportable, bouger était devenu pour moi une évidence.

Après avoir longuement débattu de mon avenir avec mon époux, Antoine, j'ouvris mon bureau d'investigation dans l'ancienne épicerie du village :

Agathe's Investigation, j'avais bien-sûr rajouté pour les non anglicistes : détective privé, recherche dans l'intérêt des familles, recherche d'héritiers...

, j'avais bien-sûr rajouté pour les non anglicistes : détective privé, recherche dans l'intérêt des familles, recherche d'héritiers...

Ma première cliente fut une jeune femme qui m'expliqua en détail sa vie qui était devenue un enfer :

Sa maman lui avait avoué que son père l'avait épousée alors qu'elle était enceinte ... d'un autre. Le secret de famille enfin révélé avait déstabilisé la jeune et jolie Sophie. Quelques temps plus tard, sa maman fut emportée par un mal implacable et foudroyant. Elle emporta son secret dans la tombe.

Son père qu'elle pressa de questions nia toute possibilité qu'il ne fut pas son géniteur. Sa sincérité ne pouvait être mise en doute, il n'était de toute évidence pas au courant du secret de cette femme qu'il a tant aimée. Sophie n'insista pas, son père devait garder intacte la confiance qu'il avait mis en son épouse et la réputation de celle-ci ne devait pas être ternie.

Peu à peu Sophie, essaya d'oublier mais les paroles de sa maman étaient toujours aussi présentes. De qui était-elle l'enfant ?

Qui étaient ses frères et soeurs, ses cousins, ses grand-parents ?...

Peu à peu, une psychose s'installa en elle... Et si elle avait une relation sexuelle avec un parent proche, si un enfant naissait, s'il était hémophile ou souffrait d'une maladie dûe à la consanguignité ?... Et si ?... Et si ?...

Sophie qui était une jeune femme libre, heureuse, épanouïe, fut obligée de consulter un analyste, tant sa vie était devenue un enfer... Ces consultations ne la rassurant pas, elle finit par pousser ma porte.

Je fus sensible à la détresse de cette femme et je voulais l'aider de mon mieux.

Elle réunit très rapidement tout ce qui pouvait m'être utile : photos de classe de sa maman, nom de ses meilleures amies, adresse de sa soeur, photos de vacances, lettres jaunies...

Ma première enquête pouvait commencer...

 

par Agathe publié dans : Agathe's Investigation
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