Nanie dormit mal cette nuit là, hier soir, elle allait se préparer à se mettre au lit aprés "question pour un champion" quand le téléphone sonna...
A ces heures, pensa-t-elle, il doit encore s'agir d'une mauvaise nouvelle...
C'était sa petite nièce Sylvie qui faisait des études pour devenir ingénieur agronome et qui habitait en Savoie avec son fiancé, le grand Luc, qui l'appelait...
Sylvie essaya bien de noyer le poisson derrière des banalités qui ne trompèrent pas Nanie. Elle la coupa et lui demanda, sans préambule, "qui est mort"?
"Et bien, avoua la jeune femme, il s'agit de Jeanne!
- Jeanne, s'affola Nanie, la femme de ton oncle Noel ?
- Mais non ! Rassure-toi, elle va bien tatie Jeanne, elle est en voyage aux Baléares, depuis une semaine.
En fait, tu te souviens, de cette dame qui a si gentiment recueilli le chat de Victor, le voisin de la tante de Luc, Noèmie...
- Comment ça, elle est morte, c'était une jeunette, à peine 75 ans quand je lui ai confié le chat de Victor l'année dernière, pour qu'il puisse finir ses jours tranquillement chez elle.
- Elle a fait une chute sur le trottoir, deux gamins en skate-board qui l'ont renversée, fracture du crâne... Elle est morte ce matin...
- Mais que va-t-il devenir Totor ?
- Qui ça, tatie ?
- Ben, le chat de Victor, il a bien falu que je lui trouve un nom, lui il l'appelait juste "le chat", moi je l'ai baptisé Totor, comme son maître !
- J'avais oublié, tatie...
Le chat, il est chez moi mais je ne sais pas quoi faire de lui car Luc est allergique!...
Il tousse, il a pleins de boutons et ses yeux pleurent tout le temps...
Je crois que je vais l' envoyer à la SPA.
- Qui, Luc, tu crois que ça va le guérir, tous ces animaux à poils ?
- Mais non, pas Luc, le chat!...
Enfin Totor comme tu dis...
- Pas question, tu es folle, le pauvre est orphelin pour la deuxième fois... Ca va le tuer...
Installe ton Luc, loin du chat, chez sa mère par exemple, demain je prends le train de 6 heures et j'arrive...
- Mais, tatie, à ton âge...
- A mon âge, qu'est ce qu'il y a encore avec mon âge, au moins on peut s'y fier à mon âge bougonna-t-elle, c'est pas comme la Jeanne, mon crâne à moi, il est solide, lui...
On peut s'appeler Jeanne et ne pas être prête à devenir la doyenne de l'humanité !..."
Le temps que la pauvre Sylvie comprenne l'allusion à la vénérable Jeanne Calmant, Nanie avait bouclé son sac de voyage, préparé ses bas de laine (il fait froid, en Savoie en ce moment, peut-être) prit ses gouttes et s'était couchée, perturbée par cette mauvaise nouvelle.
Elle récita néanmoins, avant de dormir, un chapelet pour le repos de l'âme de cette malheureuse Jeanne, tant qu'elle serait sur place, elle irait à son enterrement, même si elle ne l'avait vu qu'une seule fois : elle était sûrement bien brave, la Jeanne et si gentille avec Totor...
A suivre...















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